Olga 2006 / www.legroundzero.net / CyrAr
L’architecte est moins fabuliste que façadiste. Alors cultiver sa diplopie c’est travailler à sa prescience.
Passer le seuil de la campagne comme les aventuriers d’un week-end chez Godard.
Le rhizome comme figure de l’extramodernité connectique.
Etre bien avec son corps dans un environnement
Créer ses conditions anthropométriques d'architecte.
Qui est-ce que savoir que les architectes se cannibalisent, intéresse?
L’architecte qui sommeille
Observation interrogative d’une vocation à soi déclarée
Quand être l’architecte c’est l’ingérer, assimilation des savoirs par dissolution et transformation gastrique.
Atavisme des métabolites.
Anthropophagie ordinale, mandarin du super-ordre des palmipèdes, quand les canichons auront des dents, l'ordre des ansériformes sera réformé
Un signal
Eperonner de la fourchette voilà toute notre chevalerie générationnelle. Voilà tout le conte de notre imagination.
Comment s’organisent l’abattage et la digestion générationnelle, dans quelle mesure cette absorption génère ?
L’indéférence envers les personnes d’un autre âge est un dépassement au même titre que le crime parricide : perpétrer le meurtre des consacrés.
Et l'ancienneté, saurait-elle resister à la succession des temps. La générosité de l'héritage est du côté de la passation et du suicide compassionnel. Deux raisons engageront Rem Koolhas et les autres à cet abandon : une croyance diffuse en l'oeuvre de l'humanité et la conscience que cette transmission assure leur immortalité historiographique. Devenir immortel... et mourir. Peut être aussi quelques scrupules les rongent de l'intérieur et provoquent l'éffondrement de leurs dernières vélléité de résistance à leur inéxorable fin. Une résignation pénitente face à l'usure des temps. Il fallait qu'il en soit ainsi, qu'ils meurent abattus dans une clairière cerclés d'architectes au dents plus longues que les leurs. Facheux concours de circonstances? Non ; nous sommes la mauvaise conscience de nos aînés. Pour commencer. Et puis leur espoir, qu'ils n'auront pas le temps de voir desavoué à son tour. Nous les estimons dignes d'être tués, un signe honneur, nous les tuons, encore faut-il qu'ils en soit dignes, rempaillés et exhibés comme des trophés. Les dévorer comme les ogres qu'ils furent pour le territoire qu'ils imperméabilisent. Leurs villes se fondent en nappes pavillonnaires qui inondent les campagnes.
Taxidermie ou embaumage? les deux se confondent.
A quoi juge-t-on de la sauvagerie d'un canard? A son H5N1? Alors notre installation sera un canard de Venturi, elle apparaît premièrement comme ce qu'elle est.
Curieusement étrange, étrangement curieuse
Le nombre convoqué
Assistance navrée
Roméo rôti
L’insoutenable ignominie du recroquevillement
à rien ne sert
« gonfles tes muscles paupiette »
attendre la gelée
la position foetale du rôt
foetus pané
micromégas et les lilliputiens, jeu d'echelle
corporelle
sobriété des effets spéciaux et batterie
débranchée
du ventre d’architecte au menu
buffet de tête / pâté de tête
Il était une fois, le cirque d’hiver d’un singe
enneigé
L’intermittence des lunettes noires
Ricanement craintif, petit rire plaintif, pouffement
poussif
Technique d’un désordre instable
Egalité du service et du gaspillage
Ne pas être dans la consommation immédiate
des gens
pas immédiate
pas consommée
pas d'acte d'huissier
pas de sommation d'une série
pas de con
pas d'ensemble des cellules non reproductrices
des êtres vivants
alors nous n'aurons pas de jamais.
cautions scientifiques
"Lorsque, par une matinée ensoleillée de septembre, je quitte Brive pour Limoges où l'on m'a inscrit en hypokhâgne, sur les conseils de mon professeur de lettre, je compte que c'est l'affaire de peu de temps. […] Je me prépare à avaler une ultime rasade d'ennui et c'est alors que tout change. En quinze jours, je decouvre mon chemin, qui est d'accomplir la possibilité neuve dont nous étions gros à notre insu ou encore -c'est pareil- d'accéder à une réalité qui s'était obstinément tenu hors de notre atteinte. Toute pauvrette et sombre, toute limousine qu'elle fût, Limoges abritait une hypokhâgne, une "taupe", aussi comme on disait, on lui avait concédé, à défaut d'une université, un collège lttéraire universitaire. C'est là que j'ai découvert en quoi étudier pouvait consister, l'éclat du savoir, le pouvoir de la connaissance, leur intérêt vital. Je suis parti de Brive et j'ai péri. Mais j'ai vu le jour pour la deuxième fois. C'est là qu'à commencé ma seconde vie. L'incroyable leçon que je reçois à Limoges ne vaut pas que pour la littérature. Elle revêtue d'une portée générale. Elle enferme, si frêle qu'il soit encore, un germe d'universalité. […] Proposition fort précaire au deumeurant. Limoges avait beau posséder une étendue des ressources qui manquaient tragiquement aux petites villes de la région, elle se trouvait encore à cent lieues de Paris. Tous autant que nous étions, venus de trois départements, nous étions victimes, à des degrés variables, d'une disgrâce. Le grimaud de Pantagruel n'est pas spécialement corrézien ou creusois. C'est un Limousin. Nous appartenions à une même ethnie, dépossédée des éléments sur lesquels, pourtant, nous serions jugés si nous nous risquions hors des limites régionales, sur le marché exterieur, national. Il y avait deux hypokhâgnes, à Limoges, dont je fus, à ma connaissance, le seul survivant."
Pierre Bergounioux, l'héritage, 2002, Les Flohic
174. Le moment présent est déjà celui de l'autodestruction du milieu urbain. L'éclatement des villes sur les campagnes recouvertes de masses informes de résidus urbains est, d'une façon immédiate, présidé par les impératifs de la consommation.
Debord, la société du spectacle, 1967, Gallimard
S’il est permis de ne rapporter qu’un fragment du traité de Vitebsk qui est valeur d’exergue à cette exposition ce devrait être la montée en puissance qui s’étend de l’article 7 au 13…
7. Il faut rejeter la force spirituelle du contenu comme appartenant au monde vert de la viande et des os.
8. Il faut reconnaitre provisoirement le dynamisme comme étant une force menant à l'acte.
9. Il faut reconnaitre la lumière comme étant la couleur des représentations d'origine métallique des rayons en tant que correspondance de l'évolution économique de la ville.
10. Il faut ranger le soleil en tant que foyer d'éclairage dans le système du monde vert de la viande et des os.
11. Il faut libérer le temps des mains de l'Etat et le faire servir aux inventeurs.
12. Il faut reconnaitre le travail comme étant une survivance du vieux monde de la violence car le caractère contemporain du monde tient sur la création.
13. Il faut reconnaitre à tous la capacité de représenter et déclarer que pour accomplir cela on trouvera pour chacun un besoin illimité de matériaux dans la terre et au dessus de la terre.
Vitebsk, 15 novembre 1919, K. Malévitch, l'Age d'Homme
"Quand disparaîtra l’habitude de la conscience de voir dans les tableaux la représentation de petits coins de la nature, de madones ou de Vénus impudiques, alors seulement nous verrons l’oeuvre picturale. […] Reproduire les objets et les petits coins de nature sur lesquels on a jeté son dévolu, c’est comme un voleur qui admirerait ses pieds enchainés".
Pour Malevitch, dès 1916 et l'exposition 0,10, l’investissement de sens, l’adresse spirituelle sont à bannir en tant que fruit de la nature et par là même : « illusionnisme couard et académique ».
1. L'architecture présente les idées de la nature
2. Les principales idées de la matière architectonique sont la pesanteur et la résistance;
3. Donc, il est du devoir de l'architecture de présenter ces idées dans leur contradiction.
Schopenhauer, Baukunst, cité dans Heinrich Wölfflin, Prolégomènes à une psychologie de
L'architecture, Editions de la Villette, Collection école d'architecture de Grenoble
La mimesis, laissons-la à Aristote, mort avant notre ère.